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Romance, New romance, Feel-good book

Il ne faut plus dire “roman rose” (ou “à l’eau de rose”), mais “romance”.
Si le roman sentimental - dominé jusqu’il y a peu par Barbara Cartland et les éditions Harlequin - a pris des libertés en suivant l’évolution de la société, il reste campé sur un grand principe de base : une histoire d’amour qui finit bien.
Le roman d’amour existait gentiment avec des ouvrages au format poche, principalement vendus en hypermarchés, mais une révolution de fond se préparait.

Fin des années 1990, c’est l’apparition de Bridget Jones. Célibataire, un peu trop gourmande, alcoolique, maladroite, mais pleine d’humour, elle est bien loin de l’héroïne sage et bien pensante. Finalement, Bridget, “c’est moi en pire”.
Sur les pas d’Helen Fielding se crée le mouvement dénommé “chick-lit", avec notamment Laurent Weisberger (Le diable s’habille en Prada), Candace Bushnell (Sex and the city), Sophie Kinsella (L’Accro du shopping).
On reste sur le principe du conte de fées moderne avec roturière et prince charmant, mais teinté d’humour et de vie quotidienne, jusqu’à l’incontournable happy end. A noter que si les femmes se battent pour leur travail, elles ne sont pas ouvrières d’usine, mais se retrouvent dans le monde de l’édition ou de la mode (ce qui est plus séduisant).

Vient alors la “new romance”, qui pimente le récit. La narratrice était bien souvent réduite au premier baiser devant la porte de la chambre à coucher. Ici, d’autres gestes sont permis. Après l’épopée Cinquante nuances de Grey, c’est la déferlante auprès du coeur de cible, les jeunes femmes de 18 à 30 ans. Apparaissent Anna Todd (After, Before), Audrey Carlan (Calendar Girl), Christina Lauren (Beautiful Bastard). Les éditions Hugo & Cie mettent le paquet sur ce créneau, publiant à tout va des auteures principalement américaines.

Après le rêve en rose et les frissons se dessine une nouvelle tendance dans ce genre qu’est le roman populaire féminin : le bonheur au quotidien. Mais faut-il encore que les lectrices s’identifient à ces romancières ancrées dans la réalité.
Dignes héritières de Françoise Bourdin et Danielle Steel, voici Raphaëlle Giordano, Virginie Grimaldi, Agnès Ledig, Agnès Martin-Lugand, Sophie Tal-Men ou Aurélie Valognes et le “feel good book”. Elles osent évoquer des sujets graves (deuil, maladie, violence conjugale, ...), décrivent les difficultés à surmonter, donnent des recettes pour un bonheur qui se mérite. On y perçoit l’influence des ouvrages de psychologie positive ou de développement personnel.


d’après l’article de Christine Ferniot, dans le magazine “Lire” n° 456, juin 2017, pp. 42-43.

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